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 dans la manche aussi

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MessageSujet: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 14:16

A nouveau sur les routes de la France mystérieuse, le chasseur de fantômes Erick Fearson a repris son bâton de pèlerin pour se rendre au cœur de la Basse-Normandie hantée.

Accompagné par Michel de Grèce, écrivain et grand connaisseur d'histoires de fantômes, il a sillonné la Manche, le Calvados et l’Orne à la recherche des lieux les plus énigmatiques. Prenant garde à ne pas céder aux tentations de l’imagination, il nous confie ses ressentis dans un carnet de route exclusif, publié en plusieurs épisodes sur Maison-Hantee.com. Au programme de cette première partie : un château hanté et un propriétaire secret, une abbaye inaccessible et son prêtre-fantôme, une forteresse inexpugnable et son cortège d’oies facétieuses. Trois sites majestueux dans la Manche, hors des sentiers battus, qui refusent de livrer leurs énigmes, malgré un lourd passé et une atmosphère chargée. Veillant scrupuleusement à investir ces lieux insolites en toute légalité, Erick Fearson et Michel de Grèce ont partagé leur expérience de l’invisible. Plongés dans les décors surnaturels des meilleurs contes de fées ou d’histoires de revenants, ils témoignent de leurs rencontres avec l’étrange.


Sous la plume franche et palpitante de notre guide Erick, voici le récit et les photographies des premiers jours d’un ghost tour inédit au fil de la D900, route des fantômes manchois…

Textes et photographies par Erick Fearson
Avec la complicité de Michel de Grèce

Première étape : Le Château de Martinvast, à quelques kilomètres au sud de Cherbourg, dans le Cotentin. Nous sommes attendus en fin de journée par le propriétaire des lieux, le Comte Christian de Pourtalès-Schickler. Nous passerons la nuit là-bas. Je dis bien "nous" car, une fois n’est pas coutume, je suis exceptionnellement accompagné lors de cette aventure. Mon compagnon de route n'est autre que Michel de Grèce, historien, romancier à succès et grand amateur de fantômes devant l’éternel. La route est monotone, mais mon esprit est déjà là-bas. Je salive des "rencontres" invisibles que je pourrais y faire.

Cherbourg, 18 heures. Le train de mon complice arrive à l’heure. Nous sautons dans la voiture et, sans plus tarder, fuyons l'austérité de Cherbourg. Direction Martinvast par la D900, un axe majeur de notre route des fantômes.

Un décor de film gothique

Château de Martinvast. Incroyable bâtisse qui s’offre à nos regards émerveillés. Malgré le mélange de style et donc d’époque, il se dégage de cette demeure une sorte d’harmonie. Cependant, un aspect néo-gothique se détache du reste de la construction. Architecture digne des plus grands films de la mythique société de production anglaise, Hammer. J’aime ! Il ne fait aucun doute que celui-ci est "habité". Je le sais, je le sens déjà !

Le seigneur du lieu nous accueille et nous invite à partager sa table pour le dîner. Nous serons accompagnés, dit-il, d’une de ses amies. Tout naturellement, nous acceptons. Ce qui me permettra d’aborder les histoires de fantômes liées à sa demeure. Nous prenons place dans nos appartements. Comme nous sommes les seuls à occuper le château cette nuit - exception faite des spectres ! -, nous avons le choix des chambres. Privilège dont je profite pleinement, bien évidemment. J’opte pour une chambre spacieuse. La pièce est décorée de meubles massifs aux couleurs sombres. Dans l’angle, trône l’imposant lit à baldaquin. Devant la cheminée, un petit salon en velours rouge. Une tapisserie représentant un crâne entouré de deux poissons à l’air féroce orne l’imposante cheminée de pierre. Étrange symbolique en vérité ! Mon regard se promène entre les meubles gothiques et s’arrête un instant sur le portrait d’un ancêtre accroché au mur. Il semble veiller sur le dormeur de passage. Le décor est planté. Mais je ne dois pas laisser mon imagination s’enflammer à la vision de cette chambre qui pourrait être le théâtre d’une des meilleures histoires de fantômes. Cependant, j’ai l’intime conviction qu’il y a du monde dans cette pièce, bien que je sois seul ! On m’observe… C’est du moins le fort sentiment qui m’habite. Il me tarde d’explorer ce château, mais je dois me préparer pour le dîner.

Dîner aux chandelles

Durant ce repas de produits de la mer (proximité de la côte oblige !), le Comte de Pourtalès nous donne des précisions sur l’histoire de ce château.

Aux mains de la famille depuis presque deux siècles maintenant, il fut reconstruit par Barthole du Moncel, de 1579 à 1581, après la destruction du premier château lors de la guerre de cent ans. Il s’agissait à l’époque d’une aile encadrée de deux gros pavillons carrés. De l’époque médiévale, seul le donjon fut conservé. De 1820 à 1867, il fut restauré par son descendant le Comte Alexandre du Moncel, maréchal de camp et pair de France, pour le rendre habitable. Il le flanqua de quatre tours, supprima les douves et assécha les marécages. En 1867, il fut vendu au banquier de la famille royale de Prusse à Berlin, le Baron Arthur de Schickler qui le transforma en château néogothique. Il ajouta une galerie médiévale au nord et l’édification d’une aile du même style reliant le donjon à la construction XVIème siècle. C’est l’architecte anglais William Henry White qui fut chargé de la tâche. Il avait déjà réalisé de nombreux immeubles à Paris ainsi que la reconstruction du château de Bizy à Vernon dont le propriétaire n’était autre que le frère d’Arthur, le Baron Fernand de Schickler.


Malheureusement, l’ombre néfaste de la deuxième guerre mondiale s’est abattue sur l’édifice. En 1944, une bombe incendiaire brûla la partie XVIème siècle tandis qu’une bombe soufflante détruisit la moitié de l’aile néogothique datant au XIXème siècle. La famille sauva des décombres ce qui pouvait être récupéré. Autrement dit, pas grand-chose…

Sitôt après la guerre, la Comtesse Hubert de Pourtalès, fille du Baron Arthur de Schickler, sépara des ruines la partie de l’aile néogothique encore intacte. Cependant, il fallut attendre l’acquisition de la demeure en 1962 par son petit-fils, l’actuel propriétaire, le Comte Christian de Pourtalès, pour voir la résurrection de la bâtisse. Travail admirable s’il en est ! Le Comte entreprend en 1967 la restauration de l’aile et du château XVIème. C’est ensuite la construction d’une galerie de liaison destinée à relier cette aile avec la partie intacte du château XIXème, dès 1995. Tel le phénix renaissant de ses cendres, le château retrouve lentement mais sûrement sa splendeur d’antan.

Et les fantômes dans tout ça ? Car c’est une certitude, mon sixième sens me dit que nous ne sommes pas seuls ici. Malheureusement, j’ai beau m’évertuer à lancer le Comte sur le sujet, il ne dit mot. Peu loquace, j’abandonne après quelques essais infructueux. Qu’à cela ne tienne, je me débrouillerai seul. Car ce château me semble bien hanté ! Mes intuitions me le chuchotent à l’oreille, d’autant plus que Michel partage mon sentiment. Est-il utile d’ajouter que les habitants de la région colportent d’étranges histoires de hantises liées à la demeure ?

M. de Pourtalès propose de nous faire visiter les lieux le lendemain matin. Nous acceptons avec plaisir, rongeant mon impatience. Après le dîner, chacun regagne ses quartiers. Il est 23h et naturellement, il m’est impossible de dormir de si bonne heure. D’autant plus que s’offre à moi un territoire inexploré, vraisemblablement peuplé de créatures nocturnes. Elles m’attendent. Je ne peux résister à l’appel de l’inconnu.

Une nuit bien agitée

Armé de ma lampe torche, de mon détecteur de champs électromagnétiques et de mon appareil photo, je m’aventure en silence dans les sombres couloirs du château.

Déjà impressionnant à la lumière du jour, le décor se révèle grandiose dans l'obscurité. Debout dans l’ombre, en haut de l’escalier, je devine une silhouette ! Immobile, elle me fixe. Je pointe le faisceau de ma torche vers cette forme humaine. Une armure... Réminiscence des lectures mystérieuses de mon enfance, je me plais à imaginer qu’à l’intérieur se trouve un homme qui m’observe. Je résiste à l’envie irrésistible de vérifier, car si l’armure est vide, je serai forcément déçu ! Je préfère laisser vagabonder mon imagination. Souvent, elle peut dévoiler une vérité plus profonde que la réalité elle-même, alors illusion. Et puis notre société matérialiste s’acharne tellement à annihiler toute forme de mystère, que la réalité, du moins celle qu’on veut bien nous faire croire, en devient insipide et exempte de toute beauté. Vidée de l’étrange et de son mystère, la réalité d’aujourd’hui nous appauvrit l’esprit et l’âme. Sauf pour celui qui sait ouvrir les yeux. Enfin bref ! Je rattrape mon imagination et continue mon exploration…



Dans une semi-pénombre, j’avance lentement mais sûrement. J’admire les nombreuses armes et les œuvres exposées. Atmosphère très anglaise. On pourrait s’attendre à croiser, au détour d’un pilier de pierre, Christopher Lee, l’inoubliable interprète de Dracula. Tout mes sens sont en éveil, surtout le sixième ! Je suis seul et pourtant, je me sens une présence invisible. Rien d’oppressant ou de ténébreux. Je suis plutôt rassuré. Cette présence est juste là. Elle m’observe. Il est plus de minuit et l’envie de prendre l’air se fait ressentir.

Je suis là, sous la lune, au milieu de nulle part et j’apprécie la vision de cet immense navire néogothique qui semble déchirer les ténèbres pour mieux se montrer. J’immortalise par la photo ces pierres indéracinables. Il est l’heure de rejoindre les bras de Morphée car demain le réveil sera matinal.

Il est quatre heures vingt quand je suis subitement réveillé par je-ne-sais-quoi ou plutôt… je-ne-sais-qui ! J’allume subitement la lampe de chevet. Cette impression de ne pas être seul est toujours présente. Je balaye la pièce du regard. Au pied de mon lit, deux petites filles en robes du XIXème siècle se trouvent là ! Ce sont deux sœurs jumelles habillées à l’identique. Immobiles, elles semblent me fixer de leur regard étrange et hypnotique. Fascinant ! Je dois avouer que je ne les avais pas remarquées quand je me suis installé dans la chambre. Leur portrait, - car il s’agit bien d’un portrait ! -, accroché là sur le mur et dessiné au crayon, est d’une grande finesse. Leurs yeux "magnétiques", admirablement crayonnés, semblent percer mon âme. Des ancêtres du Comte, apprendrai-je le lendemain.

Le secret du château

Il est huit heures quand je me réveille. Je prends un petit-déjeuner rapide. Dehors, un ciel comme je les aime : chargé de nuages noirs… Quelques rayons solaires déchirent ces masses cotonneuses et ténébreuses pour mieux mettre en lumière l’architecture de ce domaine. Je sors prendre quelques clichés avant la visite du château prévue par mon hôte.

Durant la visite, je relance timidement le Comte sur les fantômes du lieu. Toujours aussi peu bavard. J’abandonne. Et pourtant, les ressentis que j’ai eus et les sources que je possède sur Martinvast semblent bien me confirmer la hantise. Quelques précisions s’imposent…


Le spectre qui hante ce lieu retiré est celui d’une jeune femme. Sa présence est récente puisque ses premières apparitions datent de 60 ans maintenant. Elle se manifeste la nuit, en déambulant parmi les couloirs, les salons et les chambres du château. Aux dires de certains, elle apparaît toutes les nuits de la Saint Jean, durant le solstice d’été donc, en réclamant de l’huile ! Après quelques déplacements furtifs dans la pièce, elle s’évanouit dans les airs. Pourquoi cette étrange requête ? Que veut-elle réellement nous dire ?


Nul n’a compris ce que sa présence pouvait bien signifier. Et qui est-elle ? Les habitants de la région disent qu’il s’agirait d’une jeune femme morte au château, dans des conditions mystérieuses, pendant la seconde guerre mondiale. Devant les récurrences de l’apparition, si j’en crois mes sources, les propriétaires de l’époque ont baptisé cette jeune femme d’outre-tombe, Sophie.

Il semble que le lieu possède un autre fantôme, mais plus rare que Sophie, qui se révèle sous la forme d’un jeune homme. Il se manifeste brièvement dans certaines pièces du château. Qui est-il ? Pourquoi se manifeste t-il ? Personne ne le sait. Mais il n’aurait aucun lien avec Sophie. Malheureusement, il m’est impossible d’enquêter plus en profondeur car toutes les archives de la demeure ont brûlé durant l’incendie de 1944 et le propriétaire de l’époque, un cousin du Comte de Pourtalès, est décédé quelques mois après la vente de la bâtisse. Le secret est parti en fumée et dans la tombe !

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 14:16

Onze heures. Il est temps de repartir pour notre prochaine étape. Sur la route, nous passons à Saint-Sauveur-le-Vicomte et à proximité de son château. Petite ville située au cœur de la Manche qui a vu, en 1808, la naissance de l’écrivain du surnaturel, le talentueux Jules Amédée Barbey d’Aurevilly. Plus précisément, le jour des Morts. Inoubliable auteur de L’Ensorcelée et des Diaboliques, deux œuvres magistrales qui dépeignent si bien le côté obscur et étrange de la région.

La messe inachevée d'un prêtre fantôme

Avant d’atteindre le village de Créances, situé à côté de la lande de Lessay, considérée comme la lande la plus hantée de France, nous décidons de faire un détour et de prendre un chemin de traverse. Il nous mène à Neufmesnil, là où siège l’Abbaye de Blanchelande, réputée pour sa hantise. Ce lieu abrite le fantôme maudit de l’abbé de la Croix-Jugan, si bien décrit par Barbey d’Aurevilly dans son Ensorcelée. Il fut tué d’un coup de pistolet dans la nuque. Depuis sa mort, il revient dire la messe la nuit, dans l’église illuminée d’une lueur rouge quasi-surnaturelle. Vers la fin de cette messe d'outre-tombe, l’homme d’église semble avoir du mal à trouver ses mots. Il bafouille en pleurant, laisse glisser le calice de ses mains et se dirige vers la sacristie avant de disparaître. Voici comment le décrit l’auteur, par l’intermédiaire de Pierre Cloud, personnage de son roman et témoin de la scène :

« … il était criblé de trous par lesquels on pouvait ajuster son œil. Pierre Cloud y guetta donc, comme il avait guetté tant de fois, en rôdant par là, le dimanche, quand il voulait savoir où l’on en était de la messe, et alors il vit une chose qui lui dressa le poil sur le corps, comme à un hérisson saisi par une couleuvre. Il vit, nettement, par le dos, l’abbé de La Croix-Jugan debout au pied du maître-autel. Il n’y avait personne dans l’église, noire comme un bois, avec ses colonnes. Mais l’autel était éclairé, et c’était la lueur des flambeaux qui faisait ce rouge des fenêtres que Pierre Cloud avait aperçu de l’échalier. L’abbé de La Croix-Jugan était, comme il y avait un an à pareil jour, sans capuchon et la tête nue ; mais cette tête, dont Pierre Cloud ne voyait en ce moment que la nuque, avait du sang à la tonsure, et ce sang, qui plaquait aussi la chasuble, n’était pas frais et coulant, comme il était, il y avait un an, lorsque les prêtres l’avaient emporté dans leurs bras…(…) Il n’y avait que lui à l’autel... Ni répondant, ni diacre, ni chœuret. Il était seul. Il sonna lui-même la clochette d’argent qui était sur les marches quand il commença l’Introïbo.



Il se répondait à lui-même comme s’il avait été deux personnages ! Au Kyrie eleison, il ne chanta pas... C’était une messe basse qu’il disait... et il allait vite. Moi, je ne pensais rien qu’à regarder. Toute ma vie se ramassait dans ce trou de portail... Tout à coup, au premier Dominus vobiscum qui l’obligea à se retourner, je fus forcé de me fourrer les doigts dans les trous qui vironnaient celui par lequel je guettais, pour ne pas tomber à la renverse... Je vis que sa face était encore plus horrible qu’elle n’avait été de son vivant, car elle était toute semblable à celles qui roulent dans les cimetières quand on creuse les vieilles fosses et qu’on y déterre d’anciens os. Seulement les blessures qui avaient foui la face de l’abbé étaient engravées dans ses os. Les yeux seuls y étaient vivants, comme dans une tête de chair, et ils brûlaient comme deux chandelles... ».

Tout cela n’est qu’un roman, me direz-vous, chers amis lecteurs ! Pas si sûr... Car dans les notes de l’auteur et dans sa correspondance, on a retrouvé de nombreux documents qui confirment la véracité de certaines étrangetés liées à la région. Notamment la hantise de Blanchelande. Barbey d’Aurevilly s’inspirait largement de la réalité pour écrire ses histoires. D’autant plus que l’on sait la fascination qu’exerçait cette hantise sur l’homme de lettres et l’attention qu’il portait sur les témoignages des personnes ayant vécu cette mise en scène spectrale. Notons aussi que l’auteur s’est laissé enfermer plusieurs fois dans l’église pour espérer assister à l’étrange messe. Malheureusement, l’apparition étant aléatoire, jamais il n’en fut le témoin. Car le spectre de l’abbé apparaît uniquement les nuits où sonnent les neufs coups de l’introït. Autrement dit, à des dates irrégulières.

Plus récemment, le témoignage d’un fermier qui logeait dans une partie de l’abbaye nous laisse à penser que le lieu est toujours hanté : « Tous les soirs, entre 21h et 22h, on entendait trois coups secs donnés sur le plancher de la cuisine. Ces coups se répétaient à intervalles réguliers. Quelquefois, on aurait dit quelqu'un qui descendait l'escalier. Or, à plusieurs reprises, nous sommes montés, nous avons cherché partout, dans tous les coins et recoins, et jamais nous n’avons découvert quoi que ce soit ».

L’Abbaye de Blanchelande fut édifiée en 1154 par le baron Richard de La Haye du Puits et son épouse Mathilde de Vernon, dame de Varenguebec. Elle devint une abbaye de Prémontrés. La révolution marqua la dissolution de l’abbaye. L’église ainsi que le cloître médiéval furent détruits. Cependant, Blanchelande ressuscita au 19ème siècle grâce à la Comtesse de Robersart, fille du Duc de Praslin. Elle entreprit quelques restaurations, notamment celles du logis abbatial de 1740 qui comprenait une salle à manger avec boiseries sculptées ainsi qu’un salon richement décoré. Jusqu’en 1980, l’abbaye fut connue pour les nombreux services offerts à la population par les sœurs auxiliatrices du Purgatoire. Dans les années 90, Blanchelande fut vendue aux Anglais. Début des années 2000, elle changea de propriétaire mais resta entre les mains d’une famille britannique. Il y a deux mois, elle fut vendue une nouvelle fois.

Malgré le travail effectué en amont, il m’a été impossible de contacter le nouveau propriétaire de Blanchelande pour en savoir plus et visiter le lieu. J’espère cependant que notre passage à l’improviste nous permettra d’approcher le domaine.

Défense d'entrer

Nous voici enfin à l’abbaye face à l’infranchissable porte Saint Nicolas. D’autant plus infranchissable qu’un homme en garde l’entrée. Nous engageons la conversation et, très vite, nous comprenons qu’il nous sera impossible de franchir la frontière nous séparant du monde de l’invisible. Car, en ce lieu, l’invisible est palpable, même à l’extérieur de l’édifice. Hélas, aujourd’hui, un photographe anglais réalise une séance photo à l’intérieur. Interdiction formelle de pénétrer dans l’enceinte.

Qu’à cela ne tienne, nous décidons de faire le tour de l’immense propriété pour au moins tenter d’apercevoir la propriété et de s'imprégner des mystères qui s’y cachent. En foulant les hautes herbes, nous longeons l’épais mur d’enceinte, prenant garde à ne pas fouler la "mal herbe", mauvaise herbe qui fait perdre le sens de l’orientation et qui pullule en Normandie. Il serait dommage de nous perdre… excepté si c’est pour nous "perdre" à l’intérieur de l’abbaye !


Trêve de plaisanterie, d’autant que l’heure est grave : le mur d’enceinte est interminable. Un peu déçus, nous devons abandonner la partie… qui n’est que remise évidemment !

Bredouilles, nous reprenons la route. A Créances, nous déposons rapidement nos bagages à notre B&B avant d’aller déjeuner à Pirou, petit village en bord de mer, bien vide en cette saison. Arrêtons-nous un instant sur l’étymologie de ce nom. "Pirou" proviendrait du mot "Pirot" qui désigne l’oie mâle en patois normand. Pourquoi cette petite parenthèse culturelle ? Sur ces terres, se trouve le Château de Pirou qui, dit-on, fut construit par les fées et dont les habitants furent un jour transformés en… oies ! On trouve trace de ce fait extraordinaire, en 1699, dans les écrits de Dom Bonaventure d’Argonne.

Le sortilège des oies

Si les Normands furent en leur temps de grands conquérants, ils tombèrent néanmoins face à des forteresses imprenables. Le château de Pirou en faisait partie. Puisqu’il résistait à tous leurs efforts, les guerriers Normands décidèrent de l’assiéger pour ainsi le réduire à la famine. Le siège dura une éternité. Un jour, le silence le plus total se fit à l’intérieur de la forteresse. Sur les remparts et les tours, il n’y avait plus aucun homme. Craignant un piège, ils hésitèrent à donner l’assaut. Le lendemain, avec prudence, ils entrèrent dans le château. À leur grande stupéfaction, il était désert ! Plus une seule âme qui vive à l’exception d’un vieil homme. Sous la promesse d’avoir la vie sauve, le vieillard leur expliqua ce qu’il était advenu du seigneur de Pirou, de sa famille et de sa garnison. A l’aide d’un grimoire magique, le sire ainsi que tous les occupants du lieu se sont transformés en oies pour échapper à leurs assaillants. Les Normands firent le rapprochement : la veille du grand silence, de nombreuses oies se sont élevées des remparts pour disparaître dans les forêts et les marécages voisins.


Bien plus tard, les oies sont revenues au fort pour inverser le sort et reprendre forme humaine. Car en Normandie, pour briser un sort, il faut le "dé-lire". C’est-à-dire, qu’il faut lire à l’envers la formule du grimoire magique qui a servi à l’ensorcellement. Malheureusement, les Normands avaient brûlé la forteresse et avec elle, le fameux grimoire. Depuis ce temps, les oies reviennent chaque printemps au château de Pirou pour tenter de conjurer leur triste sort. Dans l’impossibilité d’inverser le processus, elles en repartent chaque automne. Et chaque année, c’est un éternel recommencement…

Si l’histoire est belle, ce qui nous intéresse ici avant tout, ce sont les fantômes. Par cette journée ensoleillée, une visite s’impose.

L'énigme de la stèle

Construit au XIIème siècle, nous faisons face à ce château, le plus ancien des châteaux normands. Aussitôt, je ressens qu’il est habité par quelques entités d’un autre monde. Michel confirme mes impressions. Un sentiment de tristesse et d’abandon, teinté de noirceur, me gagne. Nous passons la première des cinq portes fortifiées. Doté de hauts remparts et reposant sur un îlot artificiel, il est entouré de trois douves. On comprend maintenant pourquoi il fut imprenable. Dans mon for intérieur, je ressens un changement presque imperceptible mais bien présent… Après avoir franchi la troisième porte, nous passons devant l’ancienne bergerie. Une sensation de sérénité m’envahit, à l’opposé de ce que j’ai pu éprouver avant de pénétrer dans l’enceinte. Un air de spiritualité flotte dans l’air… Nous marchons sur le sentier qui mène au château. À ma gauche, dans la salle des Plaids, se trouve la tapisserie de Pirou (fin XXème) qui est très similaire à celle de Bayeux. Mon intérêt pour cette œuvre étant de courte durée, je reste très peu de temps dans la salle. Attenante à celle-ci, se trouve la chapelle Saint Nicolas. Je pénètre dans la chapelle dont l’atmosphère est très chargée mais dans laquelle émane, paradoxalement, une quiétude étonnante. Je m’imprègne de l’endroit. Avant de sortir, nous remarquons, Michel et moi, une plaque funéraire d’une incroyable spiritualité ! Sur ce marbre datant de 1640, une épitaphe qui invite chacun à la réflexion et qui est, pour nous, une invitation à explorer ce lieu intemporel, imprégné de mystère. Enigmatique épitaphe, nous révéleras-tu l’une des clés de cette hantise ?

Passant, arrête-toi, car ce que tu vas lire ici,
Vaut bien la peine de t’arrêter. Sache donc qu’il
N’appartient qu’aux Morts, d’instruire les vivants,
Puis qu’ils le font seuls sans intérêt ; et puis qu’ils
Savent faire parler les Marbres, lorsqu’eux-mêmes
Ne parlent plus. Lis, écoute, songe à toi en songeant
A eux et profite de leur instruction. L’ancienneté de
La Noblesse, la grandeur de la maison, les charges
Importantes que l’on y a eues, les illustres alliances
Qui y sont entrées, le courage, la valeur et les belles
Actions que l’on y a faites. Puis que tout cela dit
N’a pas empêché Messire Charles du Bois d’entrer
Au tombeau. Qui que tu sois rentre en toi-même,
Vois que tout n’est que vanité et pour prendre le
Même chemin qu’il a pris, vis et meurs comme il
A vécu et comme il est mort, car c’est le seul qui
Mène à la gloire. Passant prie pour lui, afin qu’il
Prie pour toi. Pense plus au ciel qu’à la terre. C’est
Tout ce que le Marbre avait à te dire.


Mystérieuse stèle de marbre qui nous livre un secret plus vaste que celui qui loge au château de Pirou !

Nous voilà enfin prêts à pénétrer au cœur du château. Nous empruntons le charmant petit pont de pierre qui a remplacé l’ancien pont-levis.

Une sensation étrange...

Dans la cour intérieure du château, je n’arrive pas à m’expliquer cette douceur et cette paix qui se fait encore plus prégnante. L’atmosphère intérieure est plus sereine et enchanteresse. Une fois à l’intérieur, nulle souffrance, nulle haine, nulle mélancolie ne semblent habiter ces murs. Ce lieu est comme coupé du monde, hors du temps et figé dans une quiétude éternelle. Je me perds volontiers dans ce labyrinthe de pierre. Ici, une pièce ornée d’une magnifique cheminée éteinte depuis fort longtemps. Là, le chemin de ronde et la tour de garde. Je me laisse porter par l’enchantement du lieu et envahir par cette énergie. Énergie fantomatique ? Énergie féerique ? Je n’en sais rien. Mais cette énergie est plutôt de nature féminine. Depuis des siècles, on dit que le château fut construit par les fées… Difficile à croire, n’est-ce pas ? Et pourtant, à l’origine de toutes légendes, se trouvent les racines d’une réalité troublante. Amis lecteurs, je vous invite à explorer le château de Pirou, à ressentir cette énergie si particulière et à juger par vous-mêmes…

Avant de rejoindre notre réalité, mon regard est capté par une pièce que je n’avais pas remarquée. Elle se trouve à gauche de la tour d’entrée quand vous regardez la sortie. Je pénètre dans la dernière pièce du château dont le seul vitrail de couleur orangé diffuse une lumière tamisée. L’atmosphère diffère avec le reste de la forteresse. Elle est légèrement pesante et mélancolique. Il y a fort longtemps, un événement dramatique a dû s’y dérouler. Quoi ? Je ne saurais le dire. Contrairement au reste du château, l’énergie est à présent de nature masculine. Le fantôme de l’abbé Marcel Lelégard qui restaura ces ruines de 1968 à 1994 ? Je ne crois pas. Cette énergie est beaucoup plus ancienne…
Il est temps de conclure notre visite. Nous sortons de la forteresse. Et, plus nous nous éloignons, plus les ressentis que j’ai éprouvés avant de pénétrer dans ce lieu remontent à la surface. Étrange sentiment que celui d’approcher les fantômes qui hantent cet endroit à mesure qu’on s’en éloigne !



Une nouvelle route nous attend. Nous avons rendez-vous en fin d’après-midi pour explorer les secrets de l’Abbaye de Hambye. À l’ombre de ces pierres, seraient tapies des entités tourmentées. Serons-nous capables de percer les arcanes depuis trop longtemps enfouis en ce lieu mystérieux ?

À suivre…

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 14:39

tu crois que quelqu'un va te lire un jour ???
moi je te promet ke je vais l faire!!
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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 14:42

mais oui les passionnés me lirons

^^

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 15:29

j'ai tout lu !
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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 15:32

je trouve sa mieux quand il y en à beaucoup à lire ^^

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 15:32

bravo !!

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 20:00

ba moi j'aime bien lire ....mais pas toujours Wink
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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Ven 5 Juin - 20:10

Ba oui pourquoi ne te lirons nous pas...
Sont méchants avec toi...lol

Et très intéressant Smile
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cradle
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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   Sam 6 Juin - 14:18

bé pire et comme je l'ai déjà dit j'aime les romans

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MessageSujet: Re: dans la manche aussi   

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